Taux d’humidité dans une maison : quelle valeur, et que faire à 70 % ?
Le bon taux d’humidité, pourquoi il grimpe quand il pleut, et comment assainir une maison ancienne en pierre sans l’abîmer : mesures simples et vraies causes.
Dans un logement, le taux d’humidité idéal se situe entre 40 et 60 %, pour une température de 18 à 22 °C, selon l’ADEME. À 70 % de façon durable, l’air est trop humide : les moisissures et les acariens se développent. Il faut alors ventiler davantage, chauffer régulièrement et chercher la cause, qui peut venir des murs eux mêmes dans une maison ancienne.
Le climat océanique de la Gironde n’aide pas : hivers doux et pluvieux, brouillards de la Garonne, air chargé d’humidité près du Bassin. Ajoutez des maisons anciennes en pierre calcaire, et beaucoup d’habitants voient leur hygromètre dépasser 70 %. Voici comment interpréter ce chiffre et agir.
Quel est le bon taux d’humidité dans une maison ?
| Taux d’humidité relative | Ce que cela signifie |
|---|---|
| Moins de 40 % | Air sec : gorge irritée, électricité statique, surtout en hiver avec un chauffage fort |
| 40 à 60 % | Zone recommandée pour la santé et le confort |
| 60 à 70 % | Air humide : surveillez la condensation et les coins froids |
| Plus de 70 % durablement | Risque de moisissures, d’acariens et de dégradation des matériaux |
Pour le mesurer, un hygromètre suffit. Placez le à hauteur d’homme, loin des fenêtres, de la cuisine et de la salle de bains, et relevez le à différents moments de la journée.
Pourquoi l’humidité monte-t-elle quand il pleut ?
Quand il pleut, l’air extérieur est lui même saturé d’humidité. En aérant, vous faites entrer un air déjà humide, qui se réchauffe dans la maison. Le taux relatif peut donc rester élevé. Ce n’est pas une raison pour cesser d’aérer : quelques minutes suffisent, fenêtres grandes ouvertes, de préférence aux heures où il ne pleut pas. L’important est d’évacuer la vapeur produite à l’intérieur.
D’où vient l’humidité dans une maison ?
- Les occupants : respiration, douches, cuisine et linge séché à l’intérieur produisent plusieurs litres d’eau par jour pour une famille.
- Une ventilation insuffisante : bouches d’aération bouchées, VMC arrêtée, fenêtres remplacées sans entrées d’air.
- Les remontées capillaires : l’eau du sol monte dans les murs anciens sans barrière étanche.
- Les infiltrations : toiture, gouttières, joints de façade ou menuiseries défectueux.
- Les ponts thermiques : les parois froides font condenser la vapeur dans les angles.
Comment traiter des murs humides dans une maison ancienne ?
Les échoppes et les maisons en pierre du Bordelais ont été construites pour « respirer » : la pierre calcaire et les mortiers de chaux laissent l’humidité s’évaporer. Les erreurs les plus fréquentes viennent de travaux qui bloquent cette évaporation :
- un enduit extérieur au ciment ou une peinture étanche sur la façade ;
- une isolation intérieure avec un pare vapeur plaqué contre un mur humide ;
- un sol en béton coulé contre les murs, qui repousse l’eau vers les maçonneries.
Les bonnes pratiques sont à l’inverse : enduits et joints à la chaux, isolants perméables à la vapeur, drainage le long des façades quand le terrain est humide, et gouttières en bon état. Pour un diagnostic sérieux, faites appel à un professionnel du bâti ancien plutôt qu’à un vendeur de traitement miracle.
Un salpêtre blanc au bas des murs ou une peinture qui cloque signalent souvent des remontées capillaires. Avant d’acheter une maison ancienne, regardez le bas des murs intérieurs et demandez quels travaux ont été faits sur les enduits.
Quels signes montrent un excès d’humidité ?
- de la buée qui ruisselle chaque matin sur les vitres ;
- une odeur de moisi dans les placards ou les pièces peu chauffées ;
- des taches noires dans les angles, derrière les meubles ou autour des fenêtres ;
- un papier peint qui se décolle ou une peinture qui cloque ;
- des vêtements ou des livres qui prennent l’humidité.
Faut-il installer une VMC dans une maison ancienne ?
Une ventilation est souvent la solution la plus efficace, mais elle doit être adaptée. Dans une maison ancienne, une ventilation mécanique qui aspire l’air des pièces humides, cuisine et salle de bains, et des entrées d’air dans les pièces de vie suffisent souvent à ramener le taux d’humidité sous 60 %. Faites dimensionner l’installation par un professionnel : une ventilation mal réglée peut refroidir la maison ou, à l’inverse, ne rien changer.
Quels gestes simples pour faire baisser l’humidité ?
- Aérez chaque pièce 5 à 10 minutes par jour, même en hiver.
- Aérez pendant et après la douche, la cuisine et le séchage du linge.
- Nettoyez les bouches de ventilation et ne bouchez jamais les entrées d’air.
- Gardez un chauffage régulier, sans laisser de pièce totalement froide.
- Éloignez un peu les meubles des murs extérieurs pour que l’air circule.
En location, l’entretien des bouches et l’aération reviennent au locataire, tandis qu’un défaut du bâti ou de la ventilation relève du propriétaire. Notre guide qui paie quoi entre locataire et propriétaire détaille cette répartition.
Questions fréquentes
Quel est le taux d’humidité idéal dans une maison ?
Entre 40 et 60 %, pour une température de 18 à 22 °C, selon l’ADEME.
Un taux d’humidité de 70 % est-il dangereux ?
Durablement, oui : il favorise moisissures et acariens, avec des effets possibles sur les voies respiratoires. Il faut ventiler et chercher la cause.
Faut-il aérer quand il pleut ?
Oui, brièvement. L’objectif est d’évacuer la vapeur produite à l’intérieur, même si l’air extérieur est humide.
Un déshumidificateur suffit-il ?
Il soulage, mais ne règle pas la cause. Ventilation, chauffage et état du bâti restent à traiter.
Sources : ADEME, « Respirer un air sain chez soi » ; ministère de la Santé, guide « Un air sain chez soi ».
Dix-sept ans clerc de notaire à Libourne, puis diagnostiqueuse immobilière dans le Médoc. Elle explique ce qu’on ne vous dit pas au moment de signer.